Les passions connexes

Depuis quelque temps, j’ai constamment de la terre sous mes ongles. Non, ce n’est pas parce que j’ai une hygiène déficiente ou parce que je m’alimente de terre. C’est plutôt un signe que c’est la saison des semis et que mon potager est officiellement ouvert !

 Quelques uns de mes semis

Quelques uns de mes semis

Des premières graines plantées en mars jusqu’aux dernières déposées à l’extérieur, en passant par le repiquage des semis, ma passion pour le jardinage ne fait que grandir. J’ai commencé lorsque nous avons acheté notre maison, il y a quelques années. Parmi les biologistes, je connais plusieurs passionnés de jardinage. C’est assez logique que l’étude de la vie soit liée à l’amour du jardinage, comme à l’appréciation du camping, des randonnées en nature ou de l’observation d’animaux. C’est ce que j’appelle des passions connexes, soit des passe-temps liés à l’activité professionnelle, mais qui permettent tout de même de décrocher.

Les passions connexes ne sont pas meilleures ou plus pertinentes que d’autres passe-temps. L’essentiel est d’avoir quelque chose qui permet de se vider l’esprit. Je dirais même plusieurs choses. Instinctivement, je trouve dangereux de n’avoir qu’un seul centre d’intérêt, puisque si on n’est plus capable d’exercer ce loisir, on se retrouve dans un grand vide.

Les passions connexes ont toutefois cet attrait qu’elles nous permettent de reconnecter avec notre intérêt initial. Entre les articles à écrire, les demandes de subventions et les analyses statistiques, j’ai parfois l’impression d’oublier pourquoi je suis une biologiste. Les deux mains dans la terre, je retrouve mes yeux d’enfants.

Le jardinage revêt également, selon moi, deux autres aspects intéressants, outre celui de manger ce que l’on a produit. Premièrement, c’est une activité facile à introduire aux enfants. Pour ceux qui cherchent à les intéresser au milieu scientifique ou à tout le moins à la nature, c’est une belle porte d’entrée. C’est ce que j’ai découvert avec ma nièce de trois ans, une gourmande qui aime planter des pois et des radis avec son grand-père. Si vous cherchez d’autres idées à ce sujet, je vous conseille de consulter ce précédent billet, et surtout les commentaires, où des lecteurs ont également partagé leurs idées pour intéresser les enfants à la science.

 Pas mal beau potager...hein?

Pas mal beau potager...hein?

Deuxièmement, le jardinage me permet d’apprivoiser l’échec, une chose avec laquelle j’ai toujours eu une relation difficile. Peu importe la quantité de temps à travailler sur ces graines, ces semis et ce potager, il se peut que la production soit faible ou inexistante pour certains légumes. Je peux faire certaines choses pour prévenir l’échec de certaines plantations, mais je ne suis pas toute puissante… et ce n’est pas grave, parce que ça demeure, avant tout, un loisir.