Survivre à sa première session

Publié originalement le 3 septembre 2014

Cette semaine, c’est la rentrée à mon université! Tant de jeunes étudiants au baccalauréat, naïfs et festifs, tant de nouveaux étudiants à la maîtrise et au doctorat, plein d’espoir et naïfs à leur façon. Parce que je me sens inspirée, nous allons discuter de comment partir d’un bon pied ses études de 2e ou 3e cycle.

Tout d’abord, précisons certaines limites, car ce billet ne s’adresse pas à tous. Comme vous l’aurez remarqué, ce blogue en entier s’adresse particulièrement aux étudiants en recherche, peu importe le domaine. Je n’ai aucune expérience sur les maîtrises de cours. De plus, comme pour tous mes trucs, ce sont mes trucs. Ça ne veut pas dire que ça fonctionne pour tous. Méfiez-vous des gens qui connaissent l’unique façon de faire des études graduées!

Au début d’un projet de recherche, beaucoup d’étudiants se lancent dans toutes les directions. Par expérience, je peux dire que ceux qui passent un peu de temps à s’organiser semblent terminer plus vite et plus facilement leur maitrise (1). Et l’organisation débute par s’informer sur les exigences du programme. Combien devez-vous suivre de cours durant votre parcours? Devez-vous remettre une description de votre projet? Si oui, quelle est la date limite et comment est-elle évaluée? Outre les exigences du programme, quelles sont les exigences de votre directeur?

Par la suite, vous pouvez planifier à court terme, c’est-à-dire jusqu’à la présentation de votre projet (écrite ou orale). La plupart des programmes semblent avoir une telle exigence et elle vous aidera à définir vos objectifs, hypothèses et méthodes. Une différence majeure entre le baccalauréat et les études graduées, c’est qu’on remet (généralement) plusieurs fois un travail avant la remise finale. C’est-à-dire qu’un ou des collègues ainsi que le directeur liront les documents écrits au moins une fois avant la remise. Vous devrez améliorer votre travail en fonction de ces commentaires. Ajoutez donc à votre planification ce temps de relecture.

Une autre différence majeure, mais qui varie beaucoup en fonction du directeur d’étude, c’est l’aspect collaboratif de la recherche. Vos hypothèses, méthodes et idées seront le résultat de vos lectures et de votre réflexion, mais également de discussions avec votre directeur. Si votre directeur ne le fait pas, pensez à le (2) rencontrer pour discuter de votre projet. C’est plus difficile de collaborer avec quelqu’un lorsqu’on ne l’a jamais fait que de développer seul ses idées, mais c’est définitivement plus payant. On ne peut pas avoir l’expérience d’un chercheur au début de son parcours académique…

Donc, si on récapitule, vous vous êtes informés des exigences du programme et de celles de votre directeur. Vous avez rencontré votre directeur une première fois pour discuter de votre projet. Par la suite, vous avez planifié le travail pour atteindre les exigences de la première session. Si vous avez à remettre un travail du style présentation de projet, vous avez tenu compte du fait que vous devrez le faire relire. C’est un bon début! Il vous rester à développer des idées et des hypothèses…(bonne chance).

(1)C’est probablement vrai pour le doctorat, mais j’ai eu moins d’observer de début de doctorat.

(2)Bien entendu j’utilise le masculin pour alléger le texte.

Retour sur la technique pomodoro

Publié originalement le 25 août 2015

Chose promise, chose due, voici un court retour sur la technique pomodoro.

Depuis la semaine passée, j'ai utilisé à quelques reprises l'alternance 25 min de travail/5 min de pause. La semaine ayant été ponctuée de plusieurs péripéties et d'une soutenance, je n'ai pas utilisé la technique pendant une journée complète.

Par contre, j'ai trouvé que le 25 minutes passait très rapidement! J'avais même envie de passer par-dessus la pause pour sauter à un autre bloc de 25 min. Peut-être que si j'augmentais la durée du temps de travail avant la pause, ça m'éviterais de casser mon rythme.

J'ai testé quelques applications (1 sur Firefox, 2 sur mon Windows phone) permettant de suivre la méthode. Ma préférée est Pomodoro Assistant, qui me proposait immédiatement une pause de 5 min après chaque séquence de 25 minutes. Les tomates s'accumulent sur l'écran pour suivre le nombre de séquences de travail accompli. Ce n'est pas nécessaire d'avoir une application pour utiliser la méthode, mais j'ai trouvé l'expérience plus motivante.

Mon billet de la semaine se fera attendre, étant donné que je vais vivre une expérience d'enseignement! Comment survivre à une tâche d'auxiliaire d'enseignement?

Survivre aux blocages

Publié originalement le 20 août 2014

Je n’avais pas envie de vous parler de blocage cette semaine, mais le sujet s’est imposé. En effet, en ce moment, j’expérimente le blocage de façon quotidienne. Mais de quoi est-ce que je veux parler exactement? Selon le dictionnaire d’Antidote, une définition de blocage est :

[PSYCHOLOGIE] Comportement consistant en une impossibilité d’agir ou de réagir intellectuellement dans une situation donnée.

Donc, un blocage peut être face à l’écriture, à l’analyse de ses données, ou tout simplement à démarrer n’importe quelle tâche. De mon côté, ça se manifeste par un immense désir de procrastiner ou de faire une autre tâche de pertinence douteuse. Je suis bloquée face à la tâche que je veux et que je dois réellement faire. Je suis paralysée et je ne sais même pas pourquoi!

Cela dit, que faire pour survivre au blocage? Et plutôt, que faire pour le surpasser et accomplir cette *insérez votre sacre préféré* d’analyse??? Pour m’aider et peut-être vous aider, j’ai décidé de chercher des réponses.

Une première constatation : il est plus simple de trouver des idées au sujet du blocage d’écriture (le fameux syndrome de la page blanche). Je crois cependant que beaucoup des trucs peuvent s’appliquer à toute autre étape de la recherche que l’écriture et je vais tenter d’adapter le tout en discutant de mes suggestions préférées.

1-N’ayez pas peur d’être mauvais (1,2)

Souvent, on a peur de se lancer et que ce soit mauvais ou que ça ne fonctionne pas. Passez par-dessus ce sentiment et agissez! Au moins, vous aurez une base sur laquelle retravailler par la suite. Selon Paul Silvia (3), il n’y aurait même pas lieu d’avoir un syndrome de la page blanche en écriture scientifique. Vous savez ce que vous voulez dire, écrivez-le, même si ça sort tout croche au début. On pourrait dire la même chose avec des analyses statistiques. Toutefois, je doute qu’appliquer ce conseil lors de travail de laboratoire soit avisé…

2-Donnez-vous une série de petits objectifs (1,2)

«Dans 1 mois, j’aurai fini cet article ». Cet objectif est un bon objectif (vous devriez en avoir), mais il ne vous aidera pas à surmonter un blocage rencontré chaque matin au moment de vous mettre à travailler. Donnez-vous plutôt un objectif raisonnable en début de journée, comme un nombre de mots écrits à atteindre ou une étape à réaliser. Vous pouvez même noter vos objectifs et vous récompenser lorsque vous les réussissez durant une semaine entière (un autocollant, une bière, une sortie au ciné…). Ce truc marche habituellement bien pour moi.

3-Diviser votre temps en sections (2,3)

Que ce soit de réserver un bloc horaire d’un temps donné pour une activité donnée (1h d’écriture à chaque matin) ou d’utiliser la technique Pomodoro, il s’agit de subdiviser la journée. Comme lorsqu’on se donne de plus petits objectifs journaliers, cela divisera l’ampleur des tâches à accomplir et augmentera votre capacité à vous y attaquer. De plus, il est plus facile d’écarter les distractions lorsqu’on se dit que la prochaine heure est consacrée uniquement à la tâche x. Je ne connaissais pas la technique Pomodoro, mais je vous promets de la tester et de vous en reparler! Il s’agit de diviser sa journée et ses tâches en sections de 25 minutes suivies de pauses de 5 minutes, indivisibles et ininterrompues.

L’écriture de ce billet a décidément été thérapeutique, car j’ai beaucoup plus accompli aujourd’hui qu’hier. Il ne me reste qu’à persévérer et peut-être à découvrir d’autres trucs!

(1)Cohn, J., 2014. Pushing Past Writing Blocks (http://www.gradhacker.org/2014/02/18/pushing-past-writing-blocks/)

(2)Silvia, P. J., 2007. How to write a lot: A practical guide to productive academic writing. American Psychological Association.
C’est un livre super que je n’ai malheureusement pas pu relire avant de vous écrire ceci. Je cite de mémoire.

(3) http://www.gradhacker.org/2014/02/05/measuring-your-workday-in-pomodoros/

Survivre aux modifications de son manuscrit

Publié originalement le 13 août 2014

Après avoir travaillé, retravaillé, réécrit et modifié une première version d’un manuscrit, vous l’envoyez à un ami, un collègue, votre directeur pour une première lecture. Plein d’espoir, vous trouvez que c’est un bon texte. Plus qu’un bon texte, c’est le meilleur texte que vous n’avez jamais écrit!

Vous ouvrez le document révisé… il est complètement rouge (ou bleu, de toute façon, Word change toujours la couleur). Vous avez alors une ou toutes les réactions suivantes :

  • Désespoir, car vous ne finirez jamais votre doctorat. Vous noyez votre tristesse dans l’alcool.
  • Colère, car vous êtes un incompris. Votre génie scientifique est trop élevé pour cette personne.
  • Acceptation, car votre texte était nul. Vous acceptez toutes les modifications sans les regarder.

La chose la plus difficile que ma maîtrise m’a apprise, c’est à survivre aux modifications de mon texte, surtout par mon directeur(1). À chaque fois, j’avais à la fois l’impression d’être incompétente et d’être incomprise. Ça m’a pris du temps à comprendre que ces corrections ne sont pas un jugement sur moi et sur la qualité de mon travail. Les modifications, corrections, commentaires sont là pour améliorer l’ouvrage, car tout manuscrit scientifique est un ouvrage collaboratif. Personnellement, je trouve magnifique cette idée que de travailler en collaboration pour créer l’une des briques de l’édifice de la science (ouhhh c’est poétique!).

J’ai aussi développé ma stratégie(2) pour atténuer le désespoir ressenti à l’ouverture d’un document révisé :

  1. Je survole le document, pour regarder l’ampleur de la tâche. Ensuite, je le referme et je fais autre chose. Lorsque je rouvre le document, tout semble plus facile!
  2. Je commence par accepter (ou refuser) les modifications concernant la qualité de la langue. C’est facile et ça élimine souvent une bonne partie des modifications.
  3. Je travaille sur les commentaires plus importants.

Facile à dire, difficile à faire. Restructurer un texte, trouver d’autres références, etc., c’est une tâche qui peut être longue. Toutefois, je crois qu’il est important de se rappeler que vos réviseurs n’ont pas la vérité absolue. Leurs commentaires méritent votre attention, mais peut-être qu’ils ont tort. Dans ce dernier cas, c’est peut-être parce que votre idée était mal exprimée. Corrigez ce défaut!

Il faudra qu’on discute également de comment survivre aux révisions de son manuscrit par un journal scientifique… mais ce sera pour une autre fois!

(1)Certains directeurs commentent peu. Certains virent le texte à l’envers et remettent tout en question. Ce deuxième type peut vous amener beaucoup en apprentissage, mais ouf, c’est parfois dur pour l’égo!

(2)Je n’ai pas trouvé de références/blogues/article sur ce sujet peut-être bénin, mais qui fait partie de la vie de tous les jours durant une maîtrise ou un doctorat. Si vous avez des suggestions, envoyez-les-moi!

Survivre aux vacances

Publié originalement le 29 juillet 2014

Pour ce premier billet, je tenais à vous préparer à mon absence de la semaine prochaine. En effet, je serai en vacances. Je n’aurai donc pas abandonné ce blogue (et mes 2 lecteurs?) après un seul et unique billet.

Survivre aux vacances, comment? Pour toute personne normalement constituée, les vacances sont une période agréable et attendue.

Quand on est au doctorat (ou dans un travail très prenant), ça peut être une source de culpabilité. Pourquoi? Je crois qu’une des raisons principales est l’absence de convention. Puis-je prendre des vacances et si oui, j’ai droit à combien de jours?1 L’idéal serait donc de vérifier s’il existe des règlements à cet effet à son université. Mais, BAM! deuxième problème : est-ce que mon directeur respecte ces règles? Dans tous les cas, en absence ou en présence de convention, le mieux est de prévenir son directeur… on peut alors établir avec lui une convention et on risque moins de trouver un courriel culpabilisant au retour des vacances2. Et s’il refuse? Je crois que cette situation me laisse sans mots. Dans ce cas, il y a un sérieux problème dans votre relation et je crois que vous avez besoin d’aide à un plus haut niveau (faculté, département, association étudiante).

La deuxième principale source de culpabilité est personnelle. C’est important de mettre l’emphase sur le fait que cette culpabilité vient de soi-même et n’est due qu’à nous-mêmes. C’est la pression qu’on se met sur les épaules et il ne sert à rien de penser qu’elle vient de quelqu’un d’autre (mon directeur, mes collègues, etc.). Si cette pression est trop forte, il serait peut-être temps de travailler sur vous-même. Je ne suis pas une lectrice de psychopop, mais plusieurs livres existent à ce sujet. Plusieurs doctorants ont également discuté du sujet et je vous suggère de lire les blogues suivants.3

Chaque personne est différente et ça résulte en d’innombrables autres raisons qui font des vacances l’un des cercles de l’enfer. Mes trucs personnels pour en sortir :

  • Couper les communications :
    « Je vais juste vérifier si j’ai un nouveau courriel de…. » — Non
    « et une réponse à… » — Non
    « ou si X a besoin de… » — Non !
    Ça peut attendre. Surtout que la majorité des gens prennent leurs vacances au même moment, donc eux aussi ne sont pas là.
  • Se donner des objectifs raisonnables avant le départ : ça me donne un sentiment d’accomplissement et je quitte le bureau l’esprit tranquille.
  • Laisser mes trucs à mon bureau : je n’amène pas de livres/articles à lire, de données à saisir et si possible mon ordinateur.
  • Faire une liste de ce que je ferai au retour : ça relative la quantité du travail qui me reste à faire avant d’atteindre mes objectifs.

Voilà. Maintenant, partez! Vous verrez, vous serez dix fois plus efficaces au retour.

Mais avant, quels sont vos trucs pour survivre aux vacances?

1Je ne suis clairement pas la seule à me poser cette question : http://tinyurl.com/oe3ztku, http://tinyurl.com/pmvm6o8 et ect...

2 http://tinyurl.com/29svow3

3 http://thesiswhisperer.com/2013/08/07/phd-lifestyle-guilt/, http://www.phddepression.com/2009/08/tip-8-just-let-go-of-your-phd-guilt.html, http://amberdavis.nl/guilt-free/ et je vais probablement en parler moi-même l’un de ces jours !