Ça sert à quoi un preprint?

J’abandonne le travail pour la journée, trop stressée par mon départ pour l’Australie (dimanche!). En contrepartie, je me suis dit « force-toi un peu, blogue ».

Rapidement, je voulais faire suite aux commentaires de Nelson dans mon premier blogue sur ma méta-analyse (1). À quoi sert de publier un manuscrit sous forme de preprint, c’est-à-dire, rendre accessible un article qui n’a pas encore été révisé par les pairs?

Voici les raisons qui m’ont motivée :

1.      Éviter que quelqu’un publie la même chose que moi, avant moi

Bref, je ne veux pas me faire scooper. C’est probablement de la paranoïa, mais j’ai travaillé 2 ans sur ma méta-analyse qui est basée sur des données déjà publiées. Si quelqu’un a eu la même idée, avant moi, j’ai perdu 2 ans. Publier son manuscrit en preprint permet de dire « je l’ai fait avant! ».

Gracieuseté de PhDComics

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2.      Obtenir des critiques de mon travail

Les serveurs permettant de publier des preprints que je connais permettent de commenter les manuscrits (2). En mettant mon article en ligne, j’espérais que les erreurs de mes analyses soient détectées. Mais soit mon manuscrit n’a pas d’erreurs majeures, soit personne n’avait envie de le commenter. Il reste que le système existe et aurait pu être utile.

3.      Augmenter l’accessibilité de la recherche

Il peut se passer des mois (des années) entre la rédaction d’un manuscrit et sa publication. Et ne parlons pas du temps entre le développement d’un projet, son financement et ses résultats. Rendre accessible des manuscrits en cours de préparation rend la recherche disponible. Quand le projet peut s’appliquer à la conservation, c’est un enjeu critique. De plus, les chercheurs qui travaillent sur des sujets connexes peuvent s’inspirer de ces travaux non publiés et améliorer leur recherche. Bref, on accélère l’avancement de la science.

4.      Obtenir des offres de publication (?!)

Je ne savais pas que ça pouvait arriver, mais j’ai été contactée cette semaine par un journal qui se disait intéressé par mon article. Super compliment pour mon travail!

Je crois fermement que cette façon plus ouverte de faire la science deviendra de plus en plus populaire. Pour ceux intéressés aux preprints, je vous conseille de vérifier si le journal que vous visez pour publier permet les preprints. Vous pouvez utiliser pour ce faire la base de données Sherpa-Romeo.

(1) La suite viendra… relativement bientôt. D’ailleurs, l’article a été soumis et il n’a pas été rejeté… pour l’instant.

(2) Ils gardent aussi des statistiques sur le nombre de téléchargements de votre article. Je suis accro.