Ce que rien faire m'a appris

Ces deux dernières semaines ont été complètement folles. J'ai entamé un petit contrat pour une firme privée. Je commence à peine à m'habituer aux semaines de 37 heures et demie. Heureusement pour moi, je peux marcher pour aller au travail (1).

Mais avant de commencer ce contrat, j'ai eu un plus ou moins long moment à ne rien faire. Le doctorat était fini, j'attendais après des révisions d'articles (j'attends toujours) et mon prochain projet ne pouvait pas débuter à cause de tracas administratifs (pas encore réglés). Ça aurait pu être des vacances. Ça m'a en fait rendue assez malheureuse. Je ne suis pas habituée à ne rien faire. Sans être la fille aux dix mille projets, c'est assez rare que je ne fasse rien. Sans objectifs définis, on dirait que j'ai perdu mes repères. Je ne pense pas que j'aurai pu en parler ici avant que cette étape soit terminée, parce que je n'aurais pas su quoi dire. Maintenant, je vois un peu mieux mes erreurs et je trouve des solutions. Voyons donc ce que j'ai fait tout croche...

Je ne me suis pas laissé de vrai temps de repos

À cause de différentes obligations, je suis revenue rapidement au bureau après ma soutenance. Une semaine de vacances, ce n'était pas assez pour laisser toutes ces émotions décanter. Je crois que j'aurais dû me laisser un peu plus de temps et prendre le temps de réfléchir sérieusement à mes prochains objectifs. Non pas que je n'y ai jamais réfléchi. Et la vie ne change pas du jour au lendemain après la soutenance (2). Mais j'aurai pu prendre un peu plus de temps pour mettre par écrit mes objectifs de carrière, comment je vais y arriver et comment ce que je prépare actuellement contribue à ces objectifs.

Je me suis trouvé des projets pour remplir le temps, mais...

...mais ils n'étaient pas assez motivants ou ils dépendaient d'autres personnes. Lire des livres ou des articles scientifiques, ce n'est pas ce qui motive quelqu'un à se lever le matin. Pas plus que travailler un peu sur un projet pour attendre un mois la suite... Dans mon état de désœuvrement, j'ai voulu faire une demande de bourse, pour une bourse que je ne pense pas utiliser (3). Ça non plus ce n'est pas motivant. J'ai fini par avancer un peu dans chacun de ces projets, mais pas de façon satisfaisante, et ce, surtout à cause de mon erreur suivante.

J'ai repris le même horaire du lundi au vendredi

Même si mon horaire de doctorante était assez relax (lundi au vendredi, 8h30 à 16h), c'était trop de temps pour les projets personnels que j'avais. J'aurais dû décider d'un horaire allégé, mais durant lequel j'aurais réellement travaillé. C'est une mauvaise habitude que d'être devant son bureau sans travailler. On crée une espèce d'habitude de procrastination dans un lieu qui devrait être dédié à la productivité. En réduisant mon temps au bureau, j'aurais eu des journées remplies et qui dit journée remplie, dit sentiment d'accomplissement à la fin de la journée. Il ne faut pas négliger cette satisfaction.

J'ai perdu confiance

Je me suis mise à douter de moi, en tant que scientifique. On a facilement l'impression que tous les scientifiques ont des projets personnels ou sont extrêmement motivés à lire plein d'articles scientifiques ou ont tous le temps de nouvelles idées à explorer. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. La preuve? Ce n'est pas le cas pour moi et je suis une vraie scientifique! Heureusement, j'ai eu quelques mots d'encouragement pour me rappeler que je ne suis pas la seule à avoir vécu une pause, surtout après la fin d'un doctorat. Ça m'a permis de remonter la pente et je suis pas mal plus confiante en ce moment.

J'espère vous éviter les mêmes écueils en vous partageant cette réflexion très personnelle.

(1)   On m'a un jour dit qu'habiter près de son travail est le secret du bonheur. C'EST VRAI.

(2)   Sauf que...un bon sujet de blogue ça!!!

(3)   Ben, je l'aurais utilisé un jour, mais je ne crois pas que j'aurais pu la reporter assez longtemps...