Moi et les preprints... l'histoire d'une rupture

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J’aime bien que les bottines suivent les babines, habituellement (1). Mais dans le domaine de rendre ma recherche plus accessible, je suis en situation d’échec. Oui, j’ai plusieurs articles publiés en libre accès, mais mes données ne sont pas accessibles.

En plus, j’ai expliqué dans ce blogue même que la mise en ligne d’un manuscrit avant sa publication et avant la révision par les pairs (un preprint), est une bonne pratique pour le libre accès et qu’elle a ses avantages. J’ai fait un preprint, mais pour les quatre autres manuscrits de mon doctorat…rien.

Pourquoi? Il y a quelques raisons:

1-La paresse. Même si mettre en ligne le manuscrit au même moment que je soumets l’article à une revue est vraiment simple, c’est une étape supplémentaire. Soyons honnêtes, ça a pesé dans la balance.

2-Le manque de bénéfices. La mise en ligne du manuscrit lié à ma méta-analyse venait à un moment où je n’avais aucune publication à ce sujet. Ce preprint m’a donc permis de connecter avec certains chercheurs. Maintenant, je suis un peu plus établie (2) et l’intérêt est donc moindre. En plus, mes autres articles se basant sur des données originales, j’avais moins peur de me faire devancer par quelqu’un d’autre. Finalement, je n’ai reçu aucun commentaire sur mon preprint. Je sais que des gens l’ont lu, mais il n’y a pas eu de rétroactions intéressantes. Bref, le doute face aux bénéfices possibles m'a fait négliger le preprint.

3-La difficulté d’expliquer l’intérêt à mes coauteurs. Malgré une bonne ouverture d'esprit, mes coauteurs sont à différents stades dans leur carrière et avaient un intérêt moindre pour le libre accès. Être toujours en train de demander et d’expliquer, ça finit par fatiguer.

4-Le besoin de finir mon doctorat. J’ai mis mon énergie dans mon doctorat, tout simplement. C'est aussi une assez mauvaise raison, parce que la mise en ligne d'un preprint est vraiment simple.

Vais-je essayer de faire des preprints à l’avenir? Oui, mais je suis dans un nouveau milieu avec de nouveaux collaborateurs. On verra si je saurai les convaincre! L’expérience n’est pas pour moi un échec, mais je ne sais pas si les preprints sont réellement une solution aux problèmes de l'édition scientifique.

(1)   En anglais on dit : « put your money where your mouth is »…

(2)   Ça semble présomptueux, mais c’est quand même vrai. Preuve : j’ai révisé des articles dans mon domaine.