Des mots, des mots et des mots

Je vous ai déjà avoué que je ne pense pas que la vulgarisation scientifique devrait être une obligation pour tous les scientifiques. https://carnets-de-doctorat.squarespace.com/blog/14/11/2016/quand-la-vulgarisation-scientifique-nest-pas-votre-tasse-de-th Ce gazouillis (1) m’a amené à prendre position sur le jargon scientifique/vocabulaire technique:

Les choix de réponses sont douteux, mais non, je ne pense pas que les articles scientifiques devraient être expurgés des termes techniques. Ce n’est pas une question d’aimer ou non ce vocabulaire, mais plutôt de comprendre sa raison d’être et la raison d’être des articles scientifiques.

Les articles scientifiques s’adressent à qui? Il y a une dizaine d’année, je crois que la réponse aurait fait consensus : ils s’adressent à d’autres chercheurs du même domaine, pour les informer de résultats et d’idées qui pourrait influencer la recherche. Le mouvement du libre accès semble avoir amené une certaine confusion autour du public visé par les articles. Certains réclament le libre accès à tous les articles pour les scientifiques (ce qui me semble logique), d’autres incluent dans leur réclamation le grand public. L’argument suivant est fréquemment utilisé :

La recherche est financé par les gouvernements, donc par les payeurs de taxes et d’impôts, donc toute la société doit avoir accès à la science.

D’accord. Mais est-ce que ça implique de rendre les articles plus accessibles pour que le grand public puisse les comprendre? Selon moi, c’est aller à l’encontre de leur objectif premier de communication entre chercheurs. L’article scientifique, dans sa forme actuelle avec son vocabulaire technique, communique de la façon la plus brève possible des informations complexes. Le scientifique averti sait bien qu’un herbivore brouteur n’est pas un herbivore paisseur (et je simplifie en traduisant les termes). Dans un article scientifique, le choix des mots peut être le sujet de bien des discussions entre les coauteurs, avec les réviseurs et avec l’éditeur. Il n’est pas pris à la légère, parce que ces mots réfèrent à des concepts précis qui n’ont pas de synonymes. Oui, comprendre un article scientifique requière un apprentissage, mais ce n’est qu’une des nombreuses compétences qu’apprendra un étudiant au baccalauréat, à la maitrise ou au doctorat.

Pour la vulgarisation scientifique, plusieurs forum plus pertinents existent : les blogues, les chaînes Youtube, les magazines scientifiques…

Bref, laissez moi donc dire des choses incompréhensibles dans mes articles!

(1)    Traduction Radio-Canadienne de tweet. J’écrirais bien tweet, mais ça sonne souvent bien trop comme twit, insulte québécoise typique des cours de récréation des années 90.