Pas de cerfs dans ma cour!

St-Férréol-les-neiges est connu dans ma région pour sa proximité avec le mont Sainte-Anne. St-Férréol est également à proximité d’un ravage de cerf de Virginie (1), ce qui occasionne différents problèmes à des propriétaires de jardins et de haies de cèdres… Je profite de la recherche faite pour une présentation dans cette municipalité pour vous présenter différents moyens pour limiter les dommages par les cerfs. Les références seront regroupées à la fin de ce blogue.

Avant d’aller plus loin, précisons qu’il n’y a pas vraiment de solution miracle. En hiver, les besoins énergétiques des cerfs sont grands et la nourriture disponible est de faible qualité. Ultimement, il faudra apprendre à cohabiter ! Il existe toutefois différentes façons de prévenir ou de diminuer le broutement.

 Photo: E. Champagne

Photo: E. Champagne

La plus efficace est sans conteste la barrière physique, que ce soit une clôture qui prévient l’entrée des cerfs ou une protection sur la plante à protéger. Les clôtures électriques peuvent être très efficaces, mais on peut penser à recouvrir sa haie de bois, de jute ou d’une clôture en plastique. Si vous choisissez d’interdire l’entrée à votre cour par une clôture, ladite clôture devra faire de 2,6 à 3 m de hauteur, car les cerfs sont de bons sauteurs. De plus, la présence de neige les aide à franchir cet obstacle.

Il est possible d’exploiter les réactions de peur des cerfs, en ajoutant des signes de la présence de prédateurs (loups, coyotes), comme des poils ou de l’urine. Il est étonnamment facile de trouver de l’urine de prédateur, mais mes expériences en Outaouais me suggèrent que cette méthode ne peut que diminuer le broutement, sans l’empêcher (2). De plus, il faudra clairement répéter le traitement, parce que les cerfs vont s’habituer. Probablement plus efficace serait de conserver un prédateur dans sa cour, soit, un chien. Toutefois, attention ! Votre chien n’a pas le droit de harceler des cerfs et vous ne pouvez le laisser errer dans un endroit où se trouve du gros gibier.

Il existe de nombreux répulsifs, commerciaux ou recettes de grand-mère. Ma recherche dans la littérature scientifique suggère que les répulsifs efficaces contiennent soit du soufre (œufs pourris), de la capsaïcine (comme dans les sauces piquantes… à très forte concentration !) ou de la caséine hydrolysée (composante de certaines préparations pour nourrissons). Ces répulsifs peuvent diminuer le broutement, mais leur application est à répéter. En hiver, leur efficacité est probablement faible. Quand on meurt de faim, on est pas mal moins capricieux sur ce qui est disponible. Il existe également des engins qui font du bruit ou de la lumière. En milieu urbain ou périurbain, vous risquez surtout d’attirer la frustration de vos voisins et de toute façon, les cerfs vont s’habituer.

Finalement, vous pouvez aménager votre jardin en évitant certaines espèces, en privilégiant d’autres. Notre gouvernement a notamment une liste assez exhaustive de plantes. En hiver, la haie de cèdres sera un attrait important et une source de nourriture non négligeable.

Et voilà, ça fait le tour de ce que j’ai trouvé ! Comme, je l’ai dit, il n’y a pas de solution miracle et le mieux sera probablement de profiter de la vue de ces animaux sauvages.

Sources principales consultées

  • Prescott, Ferron & Taillon. 2013. Sur la piste de nos cervidés. Collection Nature Sauvage.
  • Fiches d'informations du Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (notamment http://www3.mffp.gouv.qc.ca/faune/importuns/fiche.asp?fiche=cerf_virginie#quoi)
  • Hébert, F., M. Hénault, J. Lamoureux, M. Bélanger, M. Vachon et A. Dumont. 2013. Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie, 4e édition. Québec, Canada, Ministère des Ressources naturelles et Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs.

(1) Un ravage est la zone dans laquelle les cerfs de rassemblent pour hiverner.

(2) J’en parle ici.  Je n’ai jamais communiqué les résultats de cette expérience sur mon blogue, mais c’est en préparation !