Travaux de terrain : trucs pour en tirer le maximum!

Publié originalement le 21 janvier 2015

Ça fait maintenant 7 ans qu’une partie de mes étés (et hivers) se déroule exclusivement dehors, à collecter des données. En biologie et dans d’autres domaines (foresterie, agriculture, géographie…), les données essentielles à un projet de recherche sont en partie récoltées à l’extérieur, souvent en région éloignée. Bien que Découverte ou le Code Chastenay nous renvoie une vision de chercheurs en veste blanche dans des laboratoires, ma vision de la collecte de données est tout autre. Elle comprend bouette, pluie, balades en pick-up truck.

Certains d’entre nous sont doués pour ce type de travaux. Disons que je préfère les organiser plutôt que les réaliser. Mes étés de terrain m’ont quand même donné les plus beaux moments de mes études, dans des environnements magnifiques. Au fil des années, j’ai accumulé quelques trucs pour m’assurer le succès de mes campagnes de terrain. Sans données, pas de doctorat!

Ton terrain, tu planifieras

Ça semble évident, mais c’est quand même une étape bâclée par plusieurs. On pense facilement au matériel et aux ressources humaines nécessaires. C’est un bon début, mais ce n’est pas tout. Si votre projet n’en a pas déjà un, pensez à rédiger un protocole qui répondra aux questions suivantes :

  • Que faut-il faire?
  • Comment?
  • Quand?
  • Quel est le matériel requis pour chaque tâche?
  • Où est-ce que les données récoltées seront transcrites?
  • Qui sont les personnes responsables de chaque tâche?

Un tel protocole assurera la bonne conduite des travaux, même en cas d’une absence imprévue de votre part. Il permettra également la reproductibilité de vos travaux. Je fais toujours valider mes protocoles par mon directeur et mon codirecteur, qui peuvent commenter et améliorer mes méthodes avec leur expérience.

Aux imprévus, tu t’adapteras

Je suis organisée, j’aime planifier et contrôler les évènements. Mais le terrain est plein d’imprévus, comme cette fois où la plantation de pins blancs où je devais prendre mes données ne présentait aucun pin blanc. Ou ces moments où la mauvaise température peut nous garder à l’intérieur quelques jours. Avant le départ, pensez à ce qui pourrait arriver et essayez d’envisager des solutions. Durant le terrain, fixez-vous des objectifs réalistes et révisez-les au fur et à mesure, en fonction des conditions. Et le plus dur, relaxez! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire et il faut apprendre à vivre avec. Parfois, un imprévu ou une erreur peut mener à un autre projet ou à une autre découverte.

De ton équipe, tu prendras soin

Une campagne de terrain est souvent composée d’un étudiant gradué responsable des travaux, avec des assistants (étudiants au baccalauréat, stagiaires internationaux, stagiaires de CÉGEP). Vous aimez votre sujet et vous pourriez passer 10 heures par jour à mesurer du broutement de cerf, mais pas votre équipe. Prévoyez des congés, des journées raisonnables. Motivez-les en leur expliquant pourquoi vous faites ces travaux. J’aime beaucoup faire une liste des tâches à faire et les cocher au fur et à mesure avec l’équipe.

C’est ce à quoi j’ai pensé dans ces dernières journées, sous la pluie de janvier et la neige, en espérant vous aider à préparer vos prochains travaux! Quels sont vos trucs?