Est-ce qu’il existe encore des barrières entre les femmes et la science au Québec?

Publié originalement le 17 mars 2015

Cette semaine, j’ai eu une discussion avec une bonne amie au sujet des préjugés véhiculés sur les femmes et la science, des effets potentiels sur les filles, etc. J’en suis partie peu convaincue d’avoir bien fait valoir mon point de vue. Mon billet d’aujourd’hui n’est pas une suite à cette discussion, c’est plutôt la poursuite de mes réflexions sur le sujet. J’aimerais répondre à la question suivante : est-ce qu’il existe encore des barrières entre les femmes et la science au Québec? (1)

Une courte recherche sur Web of Science (2) m’a menée vers un article de 2011, analysant les différences de performance entre tous les professeurs universitaires du Québec et les effets du sexe sur ces marqueurs de performance [1]. Les résultats surprendront certains, mais me semblent plutôt logiques. Voici quelques-uns de ces résultats :

  • Dans tous les domaines (et j’entends ici, même les sciences sociales), il y a moins de femmes professeures-chercheuses que d’hommes.
  • Les femmes reçoivent moins de financement à la recherche que les hommes. Pour les sciences naturelles et le génie, on parle d’une différence de 43 000 $.
  • Les femmes ont publié 20 % moins d’articles que les hommes dans le domaine des sciences naturelles et le génie sur la période d’étude. Cette différence disparait toutefois quand on ne fait que considérer les premiers auteurs.
  • Le facteur d’impact des chercheuses (3) semble inférieur à celui des chercheurs, bien qu’aucun test statistique n’ait été effectué sur ce résultat.

Certains diront que le manque de productivité des femmes est un résultat logique, découlant naturellement de leurs maternités. Larivière et collaborateurs [1] proposent également d’autres pistes de discussion. J’aimerais toutefois mettre ces résultats en parallèle avec ceux d’autres études (4) :

  • Pour un dossier de candidature identique, une femme sera jugée moins compétente et se fera offrir un plus faible salaire, moins d’opportunités et moins de soutien [2].
  • Suite à un processus de révision par les pairs aveugle (les noms des auteurs ne sont pas révélés), plus d’articles avec des femmes comme premiers auteurs sont publiés [3]. On en déduit que les articles écrits par des femmes ont moins de chance d’être publiés quand on sait qu’une femme l’a écrit.
  • Les femmes sont sous-représentées comme éditeurs de journaux scientifiques (5).

Comment ne pas avoir envie de hurler quand on regarde ces faits? Comment nier qu’on a encore du chemin à faire? Même dans une société qui se dit avancée sur l’égalité homme femme, il y a des problèmes. En être conscient est selon moi l’étape 1.

(1) Quand je parle de science, je réfère aux disciplines regroupées en anglais sous l’acronyme STEM : science, technologie, génie et mathématiques.

(2) Mots clés utilisés: (Qu*bec) AND (girl* or wom*n) AND (science))

(3) Un indice qui tient compte de l’impact factor des journaux dans lesquels l’auteur a publié ses études.

(4) Un site qui recense de tels articles : https://www.cfa.harvard.edu/~srugheimer/Women_in_STEM_Resources.html

(5) Un petit test fait par Timothée Poisot sur son blogue : http://timotheepoisot.fr/2014/11/24/editorial-boards-gender-bias

1.             Larivière, V., et al., Sex differences in research funding, productivity and impact: an analysis of Quebec university professors. Scientometrics, 2011. 87(3): p. 483-498.

2.             Moss-Racusin, C.A., et al., Science faculty’s subtle gender biases favor male students. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2012. 109(41): p. 16474-16479.

3.             Budden, A.E., et al., Double-blind review favours increased representation of female authors. Trends in ecology & evolution, 2008. 23(1): p. 4-6.

Succès, bonheur et études supérieures

Publié originalement le 3 mars 2015

La semaine passée a été ensevelie sous les choses à faire avec mon retour du terrain. C’était excitant, stimulant, épuisant! J’ai tout de même pris le temps d’assister à une formation donnée par Serge Larivière, un biologiste et administrateur aux multiples facettes. Le sujet : comment se démarquer et réussir en biologie tout en étant heureux.

Ça tombe bien, car je veux réussir en biologie et je veux être heureuse. Serge Larivière a confirmé certaines idées que j’avais et m’en a donné de nouvelles. Une chance que j’ai pris ce temps d’arrêt! J’aimerais vous en faire profiter en résumant les trucs qui me sont apparus comme étant essentiels.

Connaître

C’est un point qui est revenu à plusieurs reprises. Si on veut arriver à sa carrière de rêve, il faut se connaitre (ses buts, ses valeurs, ses faiblesses) et connaitre le marché du travail que l’on vise. Quelles sont les options qui s’offriront à moi? Quels sont les salaires offerts? Malheureusement, les biologistes ne sont pas seulement nuls en maths et en statistiques, mais également en finance (1). Pourtant, on mange comme les autres, on achète des maisons comme les autres… il serait temps qu’on s’intéresse à notre avenir comme les autres professionnels. Connaître, c’est aussi savoir comment fonctionne le système. On peut ne pas être d’accord avec le système au mérite basé sur le nombre de publications (et je suis en désaccord!), mais si on ne joue pas les règles du jeu, on n’obtiendra rien. Selon moi, il y a des moyens de travailler à changer le système tout en l’utilisant.

Bâtir activement son CV

Quand avez-vous regardé votre CV pour la dernière fois? Est-il à jour? Quelles expériences vous manquent pour être compétitif ? Selon monsieur Larivière, les gens qui travaillent leur CV ont un plus beau CV. Il faut savoir le pourquoi de chaque information qu’on y écrit et combler nos lacunes en allant chercher l’expérience nécessaire.

Travailler son efficacité

Dans votre doctorat ou votre maitrise, obtiendrez-vous une mention pour le nombre d’heures passées au lab ? Non. Alors, pourquoi rester devant votre ordinateur lorsque vous n’êtes plus efficace? Dans votre vie professionnelle, vous serez évalué aux résultats et non à l’effort que vous aurez fourni. En augmentant son efficacité, on a plus de temps pour d’autres projets professionnels ou personnels. Et cela inclut du temps pour se reposer et s’amuser. Recharger ses batteries permet d’être plus efficace. En fait, ça fait longtemps que je veux vous l’avouer: je ne travaille pas les soirs et la fin de semaine.

Eh oui… et pourtant, mon doctorat avance bien et j’ai un tas de projets motivants. Ces pauses me permettent d’arriver heureuse le lundi matin, prête à travailler!

Je pourrais écrire 3 pages de plus avec les trucs appris lors de cette formation. Mais, je n’ai plus le temps, il faut que j’aille travailler mon CV.

(1) Bon, c’est un cliché, mais qui est assez bien supporté par la réalité…

Travaux de terrain : trucs pour en tirer le maximum!

Publié originalement le 21 janvier 2015

Ça fait maintenant 7 ans qu’une partie de mes étés (et hivers) se déroule exclusivement dehors, à collecter des données. En biologie et dans d’autres domaines (foresterie, agriculture, géographie…), les données essentielles à un projet de recherche sont en partie récoltées à l’extérieur, souvent en région éloignée. Bien que Découverte ou le Code Chastenay nous renvoie une vision de chercheurs en veste blanche dans des laboratoires, ma vision de la collecte de données est tout autre. Elle comprend bouette, pluie, balades en pick-up truck.

Certains d’entre nous sont doués pour ce type de travaux. Disons que je préfère les organiser plutôt que les réaliser. Mes étés de terrain m’ont quand même donné les plus beaux moments de mes études, dans des environnements magnifiques. Au fil des années, j’ai accumulé quelques trucs pour m’assurer le succès de mes campagnes de terrain. Sans données, pas de doctorat!

Ton terrain, tu planifieras

Ça semble évident, mais c’est quand même une étape bâclée par plusieurs. On pense facilement au matériel et aux ressources humaines nécessaires. C’est un bon début, mais ce n’est pas tout. Si votre projet n’en a pas déjà un, pensez à rédiger un protocole qui répondra aux questions suivantes :

  • Que faut-il faire?
  • Comment?
  • Quand?
  • Quel est le matériel requis pour chaque tâche?
  • Où est-ce que les données récoltées seront transcrites?
  • Qui sont les personnes responsables de chaque tâche?

Un tel protocole assurera la bonne conduite des travaux, même en cas d’une absence imprévue de votre part. Il permettra également la reproductibilité de vos travaux. Je fais toujours valider mes protocoles par mon directeur et mon codirecteur, qui peuvent commenter et améliorer mes méthodes avec leur expérience.

Aux imprévus, tu t’adapteras

Je suis organisée, j’aime planifier et contrôler les évènements. Mais le terrain est plein d’imprévus, comme cette fois où la plantation de pins blancs où je devais prendre mes données ne présentait aucun pin blanc. Ou ces moments où la mauvaise température peut nous garder à l’intérieur quelques jours. Avant le départ, pensez à ce qui pourrait arriver et essayez d’envisager des solutions. Durant le terrain, fixez-vous des objectifs réalistes et révisez-les au fur et à mesure, en fonction des conditions. Et le plus dur, relaxez! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire et il faut apprendre à vivre avec. Parfois, un imprévu ou une erreur peut mener à un autre projet ou à une autre découverte.

De ton équipe, tu prendras soin

Une campagne de terrain est souvent composée d’un étudiant gradué responsable des travaux, avec des assistants (étudiants au baccalauréat, stagiaires internationaux, stagiaires de CÉGEP). Vous aimez votre sujet et vous pourriez passer 10 heures par jour à mesurer du broutement de cerf, mais pas votre équipe. Prévoyez des congés, des journées raisonnables. Motivez-les en leur expliquant pourquoi vous faites ces travaux. J’aime beaucoup faire une liste des tâches à faire et les cocher au fur et à mesure avec l’équipe.

C’est ce à quoi j’ai pensé dans ces dernières journées, sous la pluie de janvier et la neige, en espérant vous aider à préparer vos prochains travaux! Quels sont vos trucs?

Du blogue vers la vie réelle

Publié originalement le 10 décembre 2014

Vous vous souvenez de mon billet Rien qu’une fois, sur le terrain : harcèlement sexuel et milieu académique? Peut-être, car c’est mon billet qui a été le plus lu jusqu’à maintenant.

Grâce à la magie de Twitter, ce texte a fini par atterrir dans les mains de ma directrice de programme et de ma directrice de département. Ce qui a généré une rencontre durant laquelle nous avons discuté de ce qui pourrait être fait en terme de sensibilisation au département de biologie.

Bref, je ne croyais pas en commençant ce projet de blogue qu’il pourrait influencer ma vie académique «réelle ». Mais c’est génial! J’aime beaucoup l’idée qu’avec un geste anodin, soit écrire sur mes idées, je puisse avoir une influence a plus grande échelle. Et merci à François Gagnon de m’avoir incitée à partager ce dénouement avec vous.

En conclusion, je vous inviterais à partager mon expérience au niveau de votre département ou de votre faculté. Il reste énormément à faire en terme de prévention du harcèlement sexuel en milieu académique.

Comment trouver un projet de recherche?

Publié originalement le 4 décembre 2014

Mise en contexte : je suis présidente du Chapitre Étudiant de la Wildlife Society de l’Université Laval. Notre association, qui réunit des étudiants intéressés par la gestion et conservation, a tenu un 5 à 7 la semaine passée (restez avec moi, c’est pertinent). Sous l’influence d’étudiants motivés et d’une belle pinte de bière, j’ai accepté de faire une formation pour les gens de premier cycle sur comment trouver une maitrise. Tant qu’à préparer une formation là-dessus, autant transformer le tout en billet de blogue!

Il faut que je l’avoue, je suis un peu mal à l’aise avec le titre de cette formation. Trouver un projet de recherche dépend énormément du domaine, du pays et c’est une expérience différente pour tout le monde. Je ne possède pas la vérité absolue et mes conseils seront particulièrement valables pour les gens qui recherchent une maitrise ou un doctorat au Québec en Biologie. Tout de même, tentons de dégager certains faits en regardant différents parcours suivis par de réels étudiants. Je ne les nommerai pas, mais sachez que je base mon texte sur l’expérience de plusieurs collègues et amis.

Dans mon cas, j’ai été assistante de terrain pour une chaire de recherche en 2008. Un des chercheurs de cette chaire est spécialisé en relation plante-herbivore, un sujet qui m’intéressait à cause de ce premier emploi. Je suis allée discuter avec lui de projets de maitrises possibles. Il avait un projet de prévu et j’ai été choisie. Bref, j’avais une expérience en recherche de base, on avait déjà été en contact et en plus, j’avais le potentiel pour recevoir une bourse. J’appelle cette façon de trouver un projet la voie dorée. C’est la voie facile que peuvent se permettre les étudiants « boursables ». Ces étudiants ont plus de choix et dans certains cas, ils peuvent même créer un projet avec un professeur. La vie est facile pour eux, mais ils peuvent tomber dans le piège d’accepter le premier projet qui passe, sans réfléchir à leur intérêt pour le sujet et à leur qualité de vie dans ce laboratoire.

Pour les étudiants qui sont dans la moyenne et qui n’ont pas nécessairement la possibilité d’obtenir une bourse, la voie classique consiste à lancer plusieurs courriels à des chercheurs dont le domaine les intéresse. À la suite d’entrevues avec ces chercheurs et selon la disponibilité de projets de recherche avec financement, ces étudiants trouveront probablement un projet. En biologie (1), un projet de recherche sans bourse est pratiquement impossible à réaliser. Vous ne pouvez travailler et faire une maitrise et un doctorat dans un temps raisonnable…à moins d’être hyperactif/épuisé.

Finalement, certains étudiants n’ont pas un dossier scolaire reluisant. Peu importe la raison, les bonnes notes n’étaient pas au rendez-vous et cela rebute plusieurs chercheurs. J’ai un profond respect pour les étudiants qui ont ce parcours. Leur voie vers un projet de recherche requiert beaucoup de volonté. Ils devront multiplier les expériences pertinentes en recherche (terrain, laboratoire), soigner leur réseau de contacts, contacter de multiples professeurs et les relancer fréquemment. Je connais plusieurs étudiants qui ont eu ce parcours et qui ont réussi à trouver une maitrise qui leur convient.

Terminons par quelques conseils généraux :

  • Cultivez les expériences en recherche : emploi de laboratoire, auxiliaire de terrain. Certaines universités offrent des cours d’initiation à la recherche. Vous pouvez aussi vous impliquer dans des organismes pertinents qui vous donneront une meilleure expérience dans votre domaine. Souvent, ces emplois rapportent moins d’argent, mais ils vous permettront peut-être d’avoir la carrière de vos rêves.
  • Créer votre réseau de contacts : parlez à des étudiants aux cycles supérieurs, faites du bénévolat dans des congrès pertinent, entrez en contact avec des chercheurs! Beaucoup de projets ne seront jamais affichés et le bouche-à-oreille peut vous aider.
  • Pourquoi voulez-vous faire une maitrise? Est-ce que la maitrise est réellement la seule façon d’obtenir l’emploi de vos rêves? Allez-vous être heureux dans ce milieu? Faites un peu de ménage dans vos objectifs avant de commencer le processus.

Il y a autant de parcours universitaires que d’étudiants et il me semble que c'est très encourageant !

« Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout… Les malchanceux sont ceux à qui tout arrive. »

— Eugène Labiche

(1) Je crois pouvoir étendre cette affirmation aux sciences pures et naturelles…

Coup d'éclat de Nature.com

Publié originalement le 4 décembre 2014

La twittosphère intéressée au milieu science ouverte (Open science) vibre d'émotions ces derniers jours.

Pour comprendre l'annonce de Nature.com et de Read Cube, je vous propose cet article de Scientific American : http://blogs.scientificamerican.com/at-scientific-american/2014/12/01/a-new-way-to-share-articlesand-help-advance-science/

Rapidement, Nature.com permettra aux scientifiques ayant accès via leurs institutions de partager les articles de Nature (et journaux connexes) à ceux qui n'ont pas l'accès. Ces articles ne pourront être lu que sur Read Cube (et si j'ai bien compris, on ne peut les imprimer). Donc, ce n'est pas un réel accès libre aux articles et il faut avoir un ami qui a un accès.

Je n'ai pas encore une opinion fixe sur le sujet. Je vous propose plutôt de lire Jon Tennant (1) qui résume bien la situation, sans être aussi émotif que certain.

(1) http://blogs.egu.eu/network/palaeoblog/2014/12/03/one-small-step-for-nature/

Trucs rapides pour améliorer une présentation

Publié originalement le 26 novembre 2014

Cette session, j’ai une tâche d’auxiliaire d’enseignement plutôt sympathique. J’accompagne des étudiants du deuxième cycle dans leur travail de session et je les aide à préparer leur présentation orale (de type PowerPoint). Dans ce cours, chaque étudiant a une pratique individuelle d’une heure. Ils me présentent leur travail en 15 minutes et moi je donne mes commentaires, ce qui dure habituellement 45 minutes. Vous trouvez ça long? Effectivement, mais ce n’est même pas parce qu’ils sont mauvais, au contraire!

J’ai l’impression que la majorité des gens n’ont pas appris à présenter. Ils ne font qu’imiter ce qu’ils ont vu avant. Le problème, c’est que certaines pratiques très répandues qu’ils imitent sont mauvaises. Le positif, c’est qu’on peut rapidement améliorer une présentation. Voici les trucs que je donne le plus souvent :

  1. Ne dites jamais votre titre de présentation

Soit un présentateur se chargera de dire votre titre de la façon la plus ennuyante possible, soit vos auditeurs auront déjà eu le temps de le lire, sur un programme ou sur votre première diapositive. Vous perdez un temps précieux. Prenez plutôt un 15-30 secondes pour casser la glace. Dites-nous en quoi votre présentation a un intérêt pour nous :

« Aujourd’hui, je vous parle de comment une plante peut modifier la susceptibilité au broutement de sa voisine, ce qui peut avoir de fortes implications dans la conservation de certaines espèces végétales »
Réaction du public : Wow! Cette présentation va m’aider à protéger des espèces!

  1. Ne nous dites pas les choses, montrez-les-nous

Les diapositives ne sont pas un aide-mémoire pour vous rappeler quoi dire! Ce sont des aides visuelles pour aider vos auditeurs à comprendre. Je déteste personnellement les listes à point. Je n’ai pas envie de lire une présentation, j’ai envie que vous m’expliquiez. Si vous avez trop de texte, les gens vont vous lire et cesseront de vous écouter. Et ce n’est pas parce que tout le monde le fait que vous devez le faire!

Au lieu d’écrire « — Diminution des populations de caribous », insérez un graphique qui présente cette diminution.

  1. Schématisez votre pensée

C’est en fait un conseil similaire au précédent. Au lieu de dire les choses, démontrez explicitement le lien entre vos idées. N’ayez pas peur des photos ou des dessins, s’ils ont un sens. L’objectif est que votre public puisse comprendre rapidement vos idées. Si toute votre présentation peut se résumer en un schéma, super! Vous pourrez le ramener de temps à autre pour faire le lien entre les différents points que vous présentez.

Au lieu de :

Causes de la fragmentation forestière : 1. Routes 2. Coupes forestières 3. etc.

Faites plutôt:

Routes     Coupes forestières
↓                     ↓
Fragmentation

C’était donc une première série de trucs. Un jour, je vous en donnerai d’autres…parce qu’il y en a tellement! Pour conclure, j’aimerais signaler l’existence d’un excellent article de Nelson Thiffault et de Stephen Wyatt (1). Un article rapide et intéressant qui vous aidera à passer votre message.

(1) Thiffault, N. & S. Wyatt. 2006. L’art de ne pas présenter : 12 astuces pour  ne plus être invité. L’aubelle 150 : 18-20, accessible en ligne depuis http://bit.ly/1yYJoJj 

OpenCon 2014 : mes impressions

Publié originalement le 20 novembre 2014

Et voilà, OpenCon 2014 est terminé. Et c'était une conférence exceptionnelle sur plusieurs plans. Je travaille présentement à créer un Prezi en anglais qui résumera les connaissances que j’ai acquises. J’écris également un article que je proposerai prochainement à Impact Campus, avec un résumé plus objectif de mon expérience (1). Par ce billet, j'aimerais plutôt vous ramener tout l'enthousiasme que cette conférence a créé chez moi.

Si vous n'avez qu'une seule chose à retenir de ce que je vais vous communiquer, c'est que la progression vers la science ouverte (open access, data et éducation) est inévitable. De plus, ce n'est pas un concept du futur, le phénomène est en cours. Est-ce que j'ai été absorbée par la secte de la science ouverte durant mon séjour? Probablement. Mais plus que les excellentes conférences auxquelles j'ai assisté, ce sont les rencontres avec les cabinets des sénateurs et officiels gouvernementaux qui m'ont convaincue de l'inévitabilité de la chose. Des lois ont été et seront votées en faveur de l'accès à la science. Comme l'a si bien dit le représentant de Open Access Nigeria:

"Open access wins all of the arguments all of the time" -Ahmed Ogunlaja, Open Access Nigeria, #opencon2014

— Travis Korte (@traviskorte) 16 Novembre 2014

Les décideurs voient le bon sens dans la science ouverte. Mon message serait donc de joindre le mouvement. Pourquoi faire partie de l'arrière-garde alors que vous pourriez être un précurseur?  Surtout qu'il y a des avantages immédiats à partager votre recherche (2).

Est-ce que j'ai changé d'opinion concernant le libre accès aux données? Oui et non. Oui, parce que je veux publier mes données si mes coauteurs le permettent. Je crois que cette avancée est en faveur de la science et non des intérêts personnels des chercheurs. Non, dans le sens que je comprends toujours ceux qui hésitent à le faire. Les arguments annoncés par certains présentateurs ne m'ont pas tous convaincue. La peur de se faire voler ses idées reste, mais elle est surpassée par le désir de l’avancement général dans mon domaine.

Et maintenant, que vais-je faire?

1. J'aimerais publier un preprint de mon prochain article, soit une version prérévision par les pairs, sur PeerJ preprint ou sur bioRxiv (3). Un accès plus rapide à ma recherche pour tous avec la possibilité d'avoir des commentaires constructifs. La majorité des journaux acceptent les articles ayant été publiés en preprint, mais on peut toujours vérifier sur sherpa-romeo (4) si c'est bien le cas.

2. Sans prendre un serment de type Open Science (5), je veux publier de façon à ce que mes articles soient soit en libre d’accès ou que je puisse les archiver sans problème.

3. Je promets de bloguer en français et en anglais sur mes articles. D'ailleurs, je peux même le faire pour ceux déjà publiés! Ma recherche sera donc plus accessible, plus rapidement.

4. Avec mes nouveaux contacts OpenCon, nous prévoyons créer une plateforme canadienne pour fournir de l’information canadienne sur le libre accès.

Un petit mot de conclusion sur la qualité de l’évènement. L’organisation avait prévu pratiquement tous les petits problèmes et détails. Les participants étaient engagés et ouverts aux rencontres. La conversation se poursuivait en parallèle sur Twitter, ce qui a permis beaucoup plus d’interactions et la génération de nombreuses idées. Très encourageant pour OpenCon 2015!

(1) Lien à venir!

(2) Plus de visibilité pour votre recherche, plus de citations pour vos articles. Je vous conseille de visionner le webcast Open Access 101 pour vous informer plus à ce sujet : http://vimeo.com/6973160. Vous pouvez également consulter mon précédent billet sur le sujet pour vous informer sur la science libre!

(3) https://peerj.com/about/preprints/what-is-a-preprint/, http://biorxiv.org/

(4) http://www.sherpa.ac.uk/romeo/

(5) Vous pouvez entendre Erin McKiernan parler de son serment en tant que jeune chercheuse dans cet entrevue pour @TheOKCast : http://okcast.org/2014/11/opencon-2014-erin-mckiernan-the-open-access-pledge/

Le libre accès en science : quelques faits et opinions

Publié originalement le 12 novembre 2014

Je l’ai annoncé il y a quelque temps, j’ai obtenu une bourse de la bibliothèque de l’Université Laval (merci) pour me rendre à OpenCon 2014 (1). Qu’est-ce qu’OpenCon 2014? Une conférence pour les étudiants et les chercheurs en début de carrière sur le libre accès en science (articles, données et éducation). Grâce aux webcasts OpenCon (2), j’ai déjà appris plusieurs choses sur le sujet. Voici un résumé pour vous éviter d’écouter ces webcasts (3) et mes préoccupations concernant le libre accès. Ça nous permettra de suivre l’évolution de mes idées! Je dois tout de même vous prévenir que je suis très favorable au libre accès, même avant d’assister à la conférence.

Qu’est-ce qu’on entend par libre accès? C’est l’accès gratuit immédiatement après publication avec le droit de réutilisation des articles, des livres scolaires et des données. Un commentaire ici : je n’avais jamais pris connaissance du côté réutilisation. Lorsqu’on applique le libre accès à l’éducation (livre scolaire) ou aux données, ça semble évident. Mais ça s’applique également aux articles scientifiques, notamment lorsqu’on veut extraire de l’information via des systèmes informatiques, comme Watson, cet ordinateur capable de répondre à des questions posées en langage commun (4).

Le libre accès est un mouvement en opposition avec la marchandisation de la production scientifique. Des organismes financent la recherche. Les chercheurs transforment cet argent en données et en articles scientifiques. Ces articles scientifiques sont donnés à des entreprises pour publication. Ces entreprises vendent les articles aux bibliothèques, universités et chercheurs. On achète avec des fonds publics la science produite avec des fonds publics.

Pour plusieurs, la solution est de publier dans des journaux de type libre accès, comme la série des PLOS. Certains facturent alors des frais aux auteurs pour publier l’article, mais les chercheurs de partout dans le monde y ont accès, ce qui peut augmenter la visibilité de sa recherche. Une autre solution est d’archiver ses articles (certaines universités et certains groupes de recherches ont des sites pour ça, 5). Le problème actuel est que beaucoup d’auteurs ne le feront pas tant qu’ils ne seront pas forcés :

What do we want: Open access. When do we want it: Immediately following forthcoming granting agency policy changes to require it.

— Shit Academics Say (@AcademicsSay) 11 Novembre 2014

Selon les tenants du libre accès, en changeant les politiques des universités et des organismes de financement, on inciterait les chercheurs à rendre leur recherche accessible.

La libre éducation vise à ce que les étudiants obtiennent les textes de références nécessaires à leurs études et à ce qu’ils conservent ces textes et puissent les partager. Cela concerne également la possibilité d’accéder à des cours gratuits en ligne. Dans ce webcast, le présentateur indiquait que s’attaquer aux frais de scolarité était trop politique et que le matériel scolaire était très cher. Personnellement, ça ne reflète pas mon expérience. Mes professeurs au baccalauréat ont peu utilisé de livres et je n’ai jamais dépensé plus de 500 $ en matériel pour une session (et ça, c’est le maximum!). Malgré ses résultats mitigés, l’expérience québécoise me dit qu’on peut s’attaquer aux frais de scolarité (6).

Finalement, le libre accès aux données. Par libre accès aux données, on entend de rendre accessible et réutilisable ses données après publication. Comme ça, d’autres chercheurs peuvent réanalyser vos données, les ajouter à d’autres, bref, faire avancer la science. Bien entendu, on exclut de ce partage des données sensibles, par exemple des données sur la distribution d’espèces en danger qui pourraient être braconné. Ce qui semble évident en génétique semble causer plus de remous pour les écologistes comme moi. Je suis en accord avec le concept, mais quand je pense à mes collègues qui réutilisent les bases de données dont certains résultats ont été publiés, j’ai peur. Imaginez commencer un doctorat avec 20 ans de données de colliers satellites sur des animaux et être scoopé par des chercheurs ailleurs dans le monde, avec vos propres données! Je vais donc à OpenCon en grande partie pour en apprendre plus sur le libre accès aux données.

Le résumé que je viens de vous faire est très rapide. Vous pouvez m’adresser vos questions sur ces thématiques via les commentaires ci-dessous ou sur @MissEmilieC. Je serai également active sur Twitter durant mon expérience OpenCon !

J’ai traduit librement certains termes de l’anglais pour ce billet. Pas facile d’écrire en français !

(1) http://www.opencon2014.org/

(2) https://www.youtube.com/watch?v=5YwASIziPIQ, https://www.youtube.com/watch?v=5Dauh_PeAzI, https://www.youtube.com/watch?v=6UUDhVGd8uA

(3) Les webcast sont d’une bonne qualité avec des gens intéressants et je vous les conseille. Mais 4 heures…c’est long !

(4) http://en.wikipedia.org/wiki/Watson_%28computer%29

(5) Vous pouvez consulter les règles d’archivages en fonction du journal où l’article est publié sur ce site : http://www.sherpa.ac.uk/romeo/

(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_%C3%A9tudiante_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2012

Survivre à créer une affiche scientifique

Publié originalement le 4 novembre 2014

Cette semaine, je suis super excitée, car on part en congrès! Quasiment tout mon laboratoire se rend à Montréal pour le congrès de la SQEBC, la Société Québécoise d’Étude Biologique du Comportement. C’est un excellent congrès en écologie, avec majoritairement des présentations étudiantes d’un bon niveau. Comme je vais à la SQEBC depuis 2009, c’est aussi une bonne occasion de revoir des amis!

Comme je ne suis pas assez avancée dans ma recherche pour faire une présentation orale, j’ai décidé cette année de faire une affiche scientifique. En toute honnêteté, je déteste les affiches. Les gens mettent trop de texte et c’est ennuyant. Mais je crois qu’il est possible de faire de meilleures affiches. De plus, je crois que je fais de bonnes affiches (1). Et si je fais de bonnes affiches, c’est grâce à George Hess, Kathryn Tosney et Leon Liegel (2), qui ont créé un site complet qui m’a tout appris. Je vous conseille d’aller voir leur site, mais je vais vous résumer leurs trucs et ajouter mon grain de sel. Tout d’abord, 3 règles essentielles :

  • Une affiche a un seul message : que voulez-vous dire? Vous devriez être capable de me résumer en une phrase votre message. Évitez d’avoir 3-4 résultats importants et concentrez-vous sur une idée. Gardez l’accent sur ce message!
  • Les graphiques et les images sont centraux, utilisez le moins de texte possible. « Oui, mais j’ai besoin d’écrire ça ». Peut-être, mais personne n’a envie de prendre 15 minutes à le lire. Une affiche, c’est un mode de communication rapide et les images sont souvent plus rapides à comprendre qu’un texte.
  • Présentez vos idées dans une séquence ordonnée et claire. Prenez les gens par la main en mettant une séquence simple et linéaire. Je suis fan des cartes conceptuelles (3), mais l’affiche scientifique n’est probablement pas faite pour cela.

Avec ces trucs, vous partirez du bon pied. Pour vous guider dans la taille du texte, les couleurs à utiliser, bref, tous les détails, je recommande d’aller visiter Creating effective Poster presentations (2). Tout y est. Je rajouterais quelques commentaires de mon cru :

  • Une photo comme fond ou un fond de couleur foncé, c’est peut-être cute, mais c’est difficile à lire. Sérieusement, restez sur le fond blanc. Vous trouverez peut-être votre affiche plate, mais elle sera plus facile à lire.
  • Ajoutez une photo de vous à côté du titre, ça aidera vos lecteurs à vous reconnaitre. Si la conférence où vous allez n’a pas de session d’affiche formelle, ils pourront vous retrouver dans la foule des participants.
  • Placez quelques petites copies imprimées de l’affiche ou des cartes professionnelles ou des dépliants à côté de votre affiche, pour que les gens réellement intéressés puissent ramener vos résultats avec eux et les diffuser. La version écolo du truc consiste à rendre votre affiche disponible sur internet et à donner le lien via un code QR (4).
  • Faites-vous de la pub. Vous rencontrez des gens à la pause café? Signalez que vous avez une affiche, invitez-les à venir la voir.
  • Préparez-vous à présenter votre affiche en 2-3 min. Typiquement, j’invite les gens : « Voulez-vous que je vous présente mon affiche? » On n’ose jamais me dire non. En retour, je leur explique l’essentiel de ma recherche rapidement. Tout le monde est content!

Ce que j’aime avec les affiches, c’est qu’il y a parfois des concours d’affiches. Gagner un prix (et de l’argent) tout en diffusant ses résultats, c’est assez plaisant.

En passant, mettons que vous venez à la SQEBC, chers lecteurs, venez donc faire un tour à mon affiche. Vous pourrez la juger en fonction de mes conseils!

(1) Ce n’est pas la modestie qui m’étouffe aujourd’hui.

(2) http://www.ncsu.edu/project/posters/

(3) Comme celles qu’on peut créer avec Cmap Tools : http://cmap.ihmc.us/

(4) C’est si facile à faire! http://www.qrstuff.com/

J'ai mon profil Research Gate plogué sur mon Twitter, pis celui de Twitter plogué dans Academia (1)

Publié originalement le 30 octobre 2014

Vous procrastinez probablement fréquemment sur Facebook, mais si je vous disais que vous pourriez conjuguer réseaux sociaux et activités académiques, que diriez-vous? Votre attention est captée? Le billet de cette semaine parlera d’outils sociaux scientifiques et sera fortement inspiré de celui-ci [1], écrit par le Prof Patrick Dunleavy et par mon expérience personnelle.

Pour un chercheur, l’utilité d’avoir une présence virtuelle est évidente : diffuser ses résultats au plus grand nombre possible [1]. Quand j’en parle à mes collègues étudiants à la maitrise/doctorat, j’obtiens souvent la réponse suivante : « Mais, je n’ai rien publié encore! » OK. Mais vous voulez qu’on parle de votre projet non? C’est tout l’intérêt de la science, diffuser les résultats. En bâtissant un réseau virtuel, vous pourriez attirer de nouvelles collaborations, créer des contacts avec d’autres étudiants ou des chercheurs. Éventuellement, ce réseau pourrait vous servir à trouver un doctorat ou un postdoctorat. Donc, arrêtez de me servir vos fausses excuses!

Personnellement, j’utilise Research Gate (2). Je m’y suis créé un profil qui regroupe publications, champs d’intérêt, projets actuels. Beaucoup de biologistes l’utilisent, ce qui augmente sa pertinence pour moi. En plus, on obtient un genre de cote et c’est donc très attirant pour tous les scientifiques qui ont un côté gamer. On peut poser et répondre à des questions, mais franchement, ce système est mal géré. Les questions posées sont souvent de l’identification à partir de photos ou de la recherche d’article pour quelqu’un d’autre. Euh, cessez cette paresse intellectuelle! Par contre, on peut demander aux auteurs l’accès à leurs articles et suivre leurs nouvelles publications. Pratique! J’ai également un profil Academia (3), mais je n’utilise plus le site… principalement par manque de popularité. Academia, c’est le Google+ des réseaux sociaux scientifiques (Désolée). C’est quand même pratique d’avoir un profil, car Academia me prévient si des gens me cherchent sur Google. Ça peut sembler inutile, mais si vous venez d’envoyer un courriel à un chercheur et que dans la journée suivante on vous cherche sur Google, ça vous donne une vague indication que votre courriel a été lu. Comme toute la planète qui travaille ou presque, j’ai mon profil LinkedIn (4). Ce ne sera pas le jour où je me chercherai un job qu’il sera temps de me créer un réseau de contacts!

Si vous êtes un scientifique publié (ou avec un mémoire de maitrise ou une thèse), vous pouvez également créer un profil sur Google Scholar. Google Scholar vous suggèrera même de nouvelles publications à lire. Dans la même ligne, Mendeley dont j’ai parlé dans mon billet sur les logiciels de référence bibliographique est aussi un réseau d’échange. Par contre, bien que je connais des gens qui utilisent Mendeley, aucun ne semble l’utiliser comme réseau social.

Ça en fait beaucoup, je sais, mais la plupart ne demandent que peu de temps à créer et ne vous oblige aucunement à une consultation journalière ou hebdomadaire. Et honnêtement, si vous avez un profil sur chacun de ces sites, vous serez numéro 1 parmi vos homonymes la prochaine fois que vous vous googlerez.

(1) Titre inspiré des paroles de Serge Fiori, dans la chanson Le monde est virtuel

(2) https://www.researchgate.net/application.Login.html

(3) http://www.academia.edu/

(4) https://www.linkedin.com/nhome/

[1] Dunleavy, P. 2014. Are you an academic hermit? Consulté en Octobre 2014, https://medium.com/advice-and-help-in-authoring-a-phd-or-non-fiction/are-you-an-academic-hermit-6d7ae5a0f16a

Citer, un problème en sciences sociales ?

Publié originalement le 27 octobre 2014

Ce matin, je suis tombée sur un nouvel article de @Write4Research.(1) Si vous ne suivez pas encore ce blogue intelligent, toujours bien écrit et pratique, je ne peux que vous le recommander!

Le sujet aujourd'hui? Le manque de citation aux travaux précédents dans certains domaines. Je ne savais pas qu'il existait une telle disparité entre domaines...

Si seulement on pouvait également avoir des statistiques sur les mauvaises citations (citer un article alors qu'il ne supporte pas l'idée que l'on écrit)!

(1) https://medium.com/advice-and-help-in-authoring-a-phd-or-non-fiction/poor-citation-practices-are-a-form-of-academic-self-harm-in-the-humanities-and-social-sciences-2cddf250b3c2

Survivre à une introduction d’article scientifique

Publié originalement le 23 octobre 2014

Comme annoncé, voici un résumé de trucs trouvés pour écrire une bonne introduction. J’ai utilisé les références suivantes [1, 2] ainsi que les trucs que mon directeur et mon codirecteur m’ont appris au fil des années. Il y a sûrement plein d’autres ressources pertinentes sur le sujet. Envoyez-moi votre référence préférée! Silvia (2007) n’aborde que légèrement les introductions et sous l’angle du domaine de la psychologie, mais c’est un livre très pertinent dans son ensemble.

L’introduction sert à justifier l’importance de l’étude et à capter l’intérêt de l’auditoire [1, 2]. Lorsque l’introduction se trouvera dans un journal scientifique au public large, généraliste (1), elle permettra d’informer le lecteur et de l’amener au niveau de connaissances requises pour comprendre votre étude. Elle permet également de détailler vos objectifs et hypothèses.

La structure de l’introduction est importante. Vous voulez aller du général au plus spécifique [1], soit la fameuse structure d’entonnoir enseignée dans tous les Cégeps du Québec. Vous suivrez également cette structure dans vos paragraphes. Cargill et O’Connor proposent également une méthode pour écrire efficacement votre introduction :

  • Débuter par écrire les phrases très spécifiques et vos objectifs (partie 4 de votre intro)
  • Décrivez le manque dans les connaissances auquel répond votre étude (partie 3)
  • Écrivez le contexte général (qui débutera votre introduction, partie 1)
  • Comblez la partie entre le contexte général et la description du manque par des informations plus spécifiques (partie 2)

Avec cette méthode, vous déconstruisez l’intro, ce qui peut vous donner un coup de main pour l’écriture. Personnellement, je préfère écrire un plan sous forme de phrases. Chaque phrase représente un paragraphe. Une fois ce plan écrit, je joue avec l’ordre des paragraphes. Est-ce que le lien entre chaque semble logique ? Est-ce que je passe bien du général au spécifique? L’utilisation de phrases est pratique parce que dans la structure recommandée du paragraphe, la première phrase est censée dire le thème du paragraphe.

Le dernier paragraphe résume les objectifs et hypothèses de l’article. En ne lisant que ce dernier paragraphe, le lecteur sait de quoi il est question et a un aperçu des méthodes utilisées. Ce n’est pas nécessairement une norme, mais j’apprécie énormément ce genre de fin d’introduction. Ça me permet de ne pas lire certaines introductions et de faire des lectures rapides.

Voilà, j’espère que ça vous donnera un coup de main!

(1) Par exemple Ecology, qui aborde tous les aspects de l’écologie

[1]Cargill, M., & O'Connor, P. (2013). Writing scientific research articles: strategy and steps. John Wiley & Sons.

[2]Silvia, P. J. (2007). How to write a lot: A practical guide to productive academic writing. American Psychological Association.

Stop ou encore: quand arrêter de peaufiner un manuscrit?

Publié originalement le 16 octobre 2014

Lorsqu’on est le premier d’une série d’auteurs sur un manuscrit, ledit manuscrit est comme une balle dans une partie de ping-pong. Une première version est lancée à un autre auteur, revient commentée, est modifiée, relue, etc. (1). Dans un doctorat, l’étudiant dont c’est la thèse écrit souvent l’entièreté du manuscrit, qui passe par la suite sous la loupe de son directeur et d’autres collaborateurs s’il y a lieu.

Dans ce processus, je trouve que beaucoup d’étudiants conservent trop longtemps leur manuscrit pour eux seuls alors qu’ils bénéficieraient d’une relecture plus rapide. Quand arrêter de peaufiner son article? Voici quelques idées pour permettre d’identifier le moment où l’oiseau est prêt à quitter le nid.

Connaissez vos coauteurs

Est-ce que vos coauteurs commentent en détail ou ne font que quelques commentaires généraux? Si vous avez sur votre équipe un coauteur de type réorganisateur, qui propose fréquemment de changer l’ordre des paragraphes et qui remet en question les raisonnements, échangez des versions plus préliminaires avec lui. Complétez votre texte, mais ne passez pas un mois sur un simple paragraphe. Il est fort probable qu’il va le supprimer de toute façon. Si au contraire c’est un commentateur superficiel, il attendra une version plus achevée et c’est ce que vous devez lui fournir.

Lorsque vos coauteurs sont très au courant de votre projet, notamment des choix statistiques et des conclusions que vous tirez, vous devriez leur présenter des versions plus léchées. Ils ont déjà partagé leur opinion et ne seront pas surpris de vos conclusions. Dans le cas contraire, ils pourraient vous demander des modifications substantielles et vous gagnerez à leur donner une version moins achevée de votre travail.

Reconnaissez vos blocages

Quand ça fait un mois que vous travaillez la même introduction, le même paragraphe ou la même phrase, c’est que c’est le temps de passer le flambeau. À travailler sur un seul document, on finit par manquer de recul. On trouve que quelque chose ne fonctionne pas, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Lorsque vous avez reconnu être bloqués, vous avez plusieurs possibilités :

  • Vous pouvez laisser votre manuscrit dormir une semaine et vous y remettre après.
  • Vous pouvez demander à un ami de le relire et de le commenter.
  • Vous pouvez consulter des blogues sur l’écriture (2) ou des livres (3) pour surmonter le blocage
  • Vous pouvez aussi envoyer votre manuscrit à votre directeur… ça fait partie de son travail de coauteur!

Et voilà! Allez-y, lâchez ce manuscrit surtravaillé!

La semaine prochaine, j’aborderai les introductions parce qu’il faut que j’en réécrive une…

(1) C’est aussi possible de travailler en « wiki », sans s’échanger de versions d’un document. Je vous en reparlerai parce que c’est rapide et efficace, mais ça ne s’applique pas à tous les projets.

(2) Comme @Write4Research que vous pouvez suivre sur twitter. Ou Survivre à son doctorat… parait que c’est ben bon!

(3) Liste non exhaustive:

Silvia, P. J., 2007. How to write a lot: A practical guide to productive academic writing. American Psychological Association

Cargill, M. & O'Connor, P., 2013. Writing scientific research articles: strategy and steps. John Wiley & Sons.

Open Con 2014, me voilà !

Publié originalement le 14 octobre 2014

En milieu de semaine passée, j’ai appris une nouvelle bien excitante... j’ai gagné une bourse pour me rendre à Open Con 2014 (1). Qu’est-ce qu’Open Con? Comme vous pourrez le constater sur leur site (2), c’est un grand congrès sur l’Open Access (le libre accès), l’Open Data et l’Open Education pour les étudiants et les jeunes chercheurs. Si vous ne savez pas ce que c’est, n’ayez crainte, je compte documenter mon expérience!

Vous pourrez donc me lire avant et après le congrès, pour voir si mon opinion sur certains sujets (surtout sur les données libres) a évolué. Vous pourrez également suivre mes gazouillis (3) sur Twitter durant le congrès. Si vous avez des questions sur ces sujets, s'il vous plait, posez-les-moi et je tâcherai d’obtenir la meilleure information possible.

Merci à la Bibliothèque de l’Université Laval de m’offrir cette opportunité! Si vous êtes à cette Université, pensez donc à participer à la semaine sur le libre accès:

http://www.bibl.ulaval.ca/semaine-internationale-du-libre-acces-2014

(1) La preuve : http://bibl.ulaval.ca/laureate-bourse-opencon-2014?nouvelles-acc

(2) http://www.opencon2014.org/

(3) En tant qu’auditrice de Radio-Canada, moi aussi je traduis tweet par gazouillis…parfois. Peu importe le terme, vous pouvez me trouver à @MissEmilieC

Survivre à commencer à penser à analyser ses données

Publié originalement le 9 octobre 2014

Cette semaine encore, je vais me servir d’un problème que je vis comme sujet. C’est pratique, car dans mon doctorat, j’ai des problèmes sur une base régulière. Donc, parlons analyses de données et plus précisément, ce terrible moment où l’on veut commencer, mais on ne sait pas trop par quel bout aborder la question. On peut diviser les tâches préparatoires en plusieurs étapes, à faire dans l’ordre ou dans le désordre.

Vérification des données

Vous avez récolté des données à la sueur de votre front. Si vous n’avez pas d’ordinateur de terrain, vous avez saisi les données (ou avez fait saisir les données… merci, étudiants au bac!). Prenez le temps nécessaire pour vérifier les données. Les problèmes d’importations des données dans les logiciels statistiques résultent souvent d’un manque de vérification. Pensez surtout à :

  • Comment sont saisies les données manquantes : un point, une case vide, un Na. Le choix dépendra de votre logiciel statistique.
  • Uniformisation des valeurs des variables catégoriques : par exemple, avez-vous toujours écrit Cassé lorsque vous rapportiez l’état de la tige d’un arbre, ou avez-vous aussi utilisé cassé et cassée?
  • Une virgule ou un point pour vos chiffres? Un détail qui bloque souvent lors du passage d’Excel à un logiciel statistique.
  • Erreurs potentielles dans le jeu de données : une valeur impossible, une date mal saisie, etc. Bien souvent, elles ne peuvent être détectées que par quelqu’un qui comprend bien le projet.

Revoir l’objectif des analyses

«Ben là ! C’est évident que j’ai déjà pensé à ce que je voulais analyser! »

Effectivement, vous savez probablement déjà quel type de conclusion vous voulez tirer de ces données. Et vous avez peut-être même décidé à l’avance quel type d’analyse effectuer (1). C’est quand même une excellente pratique que de réviser les décisions prise précédemment. De votre objectif découlent les variables que vous analyserez et le type d’analyse statistique utilisée.

Bien souvent, on récupère plus de données que ce dont on a besoin… commencez par analyser l’essentiel. Retournez aux décisions prises avant la collecte de données. Ça vous permettra de débuter les analyses. Vous pourrez toujours rajouter une couche de complexité par la suite.

Explorez vos données!

C’est une étape excitante! (2) Avant de procéder avec une analyse super complexe, vous devriez visualiser les données, graphiquement ou avec des statistiques descriptives comme les moyennes et écarts-types. J’avoue que j’ai tendance à sauter cette étape, surtout que mes analyses sont rarement complexes. Mais visualiser les données peut suggérer des analyses à faire, des variables à explorer…

L’exploration des données permet également d’éviter des problèmes statistiques. À ce sujet, Zuur et al. (2010) ont écrit un article brillant que je consulte régulièrement. Je vous le conseille et je me le conseille fortement.

Et maintenant?

Et maintenant, il faudra que je passe aux analyses en tant que telles. J’aimerais bien savoir si vous avez d’autres étapes à me suggérer!

(1) Sans cette décision préliminaire, c’est plutôt ardu de faire une bonne récolte de données. Comme le billet d’aujourd’hui s’adresse plutôt à l’analyse des données, je n’embarque pas dans la préparation du travail de collecte… ce sera pour une autre fois!

(2) Relativement excitante…

Zuur, A. F., E. N. Ieno et C. S. Elphick (2010). A protocol for data exploration to avoid common statistical problems. Methods in Ecology & Evolution 1: 3-14.

Je suis une professionnelle, moi aussi !

Publié originalement le 30 septembre 2014

Je ne vous l’ai pas dit, mais je suis biologiste. Je n’ai pas d’ordre professionnel, de badge ou de médaille pour le prouver. Je considère que mon baccalauréat en biologie fait de moi une biologiste, car il n’y a aucune norme pour indiquer qui est biologiste et qui ne l’est pas. Nous n’avons pas d’ordre professionnel, simplement une association de laquelle nous pouvons être ou ne pas être membre (ABQ, l’Association des Biologistes du Québec). Est-ce que c’est un problème?

À voir cet article du Journal de Montréal (1), la réponse semble être oui. Dans le dossier des forages au nord de Cacouna, les considérations d’une biologiste travaillant au ministère de l’Environnement auraient été mises de côté. Je ne m’avancerai pas plus loin sur ce sujet, car je ne suis pas journaliste et je n’ai pas la prétention de rapporter tous les faits. Par contre, je vais profiter de l’occasion pour parler des biologistes et de leur quête de reconnaissance ainsi que des ordres professionnels. C’est un peu en dehors de mes sujets habituels, mais c’est mon blogue, c’est moi qui décide! Le sujet est aussi en dehors de mon champ de compétence. Si je fais une erreur, ne vous gênez pas pour commenter.

Qu’est-ce qu’un ordre?

Résumons ce que l’office des professions nous apprend (2) sur les ordres professionnels :

  1. Ils ont pour mission de protéger le public.
  2. Ils contrôlent la compétence et l’intégrité de leurs membres.
  3. Ils surveillent comment leurs membres accomplissent leur profession.
  4. Ils réglementent la profession.
  5. Ils ont un pouvoir disciplinaire (plainte contre un membre).
  6. Ils développent la profession.
  7. Ils contrôlent le titre (je ne peux pas me prétendre avocat, médecin, etc.!).

Grossièrement, un ordre professionnel s’assure que la profession est effectuée dans les règles de l’art et avec éthique. Une analogie intéressante serait les guildes de guerriers dans un jeu vidéo. Vous devez compléter plusieurs missions (éducation) et respecter le code de la guilde. Bon, ce n’est pas une si bonne analogie, mais peu importe, vous comprenez le concept.

Pourquoi avoir un ordre? Et pourquoi pas les biologistes?

Le principal point motivant la création d’un ordre est la protection du public. Est-ce que les biologistes sont en contact avec le public ? Pas directement…la protection de l’environnement c’est un concept qui atteint un groupe diffus (3). L’environnement et le bien des générations futures ne touchent pas un sous-groupe clair, mais toute la société. Comme le groupe qui doit être protégé des actions des biologistes est large et mal défini, la défense active de ses intérêts est difficile. Cela pourrait expliquer en partie la difficulté des biologistes et des microbiologistes à obtenir un ordre professionnel.

En cherchant des informations pour ce billet, j’ai trouvé deux autres raisons qui peuvent expliquer cette difficulté. Dans un rapport de 1990 de l’Office des professions (4), on remarque que les compétences du biologiste peuvent entrer en conflit avec celles de professions possédant déjà un ordre professionnel (agronomes, ingénieurs forestiers, etc.). Par ailleurs, ce rapport recommande la création d’une corporation professionnelle. Il semblerait que des questions financières créent également des problèmes. En 2010, la question du salaire des biologistes employés par le gouvernement aurait nui à la demande de création d’un ordre (5).

Qu’est-ce que ça change un ordre?

Bonne question. Selon moi, avec un ordre professionnel vient une certaine reconnaissance sociale et professionnelle. L’ordre agissant comme chien de garde, on gagne en qualité et en constance dans l’exercice de la profession. Les avis d’un biologiste pourraient obtenir une aussi grande valeur que celle d’un ingénieur. Supporté par son code d’éthique et son ordre, le biologiste pourrait plus facilement repousser les influences, comme dans le cas de Cacouna (1).

Rappelons-nous toutefois que l’ordre professionnel n’est pas la panacée… pensons aux révélations récentes sur plusieurs ingénieurs.

(1) http://www.journaldemontreal.com/2014/09/25/la-biologiste-netait-pas-a-labri-des-influences-politiques

(2)  http://www.opq.gouv.qc.ca/ordres-professionnels/

(3) J’ai trouvé un super Prezi qui semble bien expliquer les intérêts diffus : http://prezi.com/qhdwn9nhwwy5/la-protection-des-interets-diffus-dans-les-pays-lusophones/  Je ne garantie pas la fiabilité de l’information par contre…

(4) http://tinyurl.com/mmeprdv

(5) http://www.abq.qc.ca/site/pdf/communiquer/LGFrancoeur-9-06-2010.pdf

Survivre aux demandes de bourses

Publié originalement le 24 septembre 2014

Parlons demandes de bourses. Effectivement, je suis dernière minute, car les dates de remise approchent à grands pas. Mais bon, étiez-vous vraiment à l’avance?

Mon expérience des demandes de bourses se limite au Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT) ainsi qu’aux bourses du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG). Par contre, il y a plein de choses relatives aux demandes de bourses qui s’appliquent à n’importe quel organisme de financement !

Aujourd’hui, j’ai l’intention de vous donner des conseils qui tombent dans la case du gros bon sens. Pourquoi vous dire des choses évidentes? Parce qu’on a tous besoin de rappels. Par ailleurs, GradHacker a publié plusieurs articles cette semaine sur les bourses, avec notamment tous les détails requis pour une application CRSNG (1). Vous trouverez de l’information plus spécifique sur leur site.

Une demande de bourse, ce n’est pas sorcier, mais ça demande du travail. Comme à mon habitude je vous propose des trucs provenant de mon expérience :

  • Prendre connaissance des instructions : eh oui! Chaque organisme a ses exigences en terme de texte à écrire, de documents à fournir. Une lecture attentive des conditions d’admissibilités à la bourse est essentielle, sinon, vous pourriez vous retrouver à remplir une demande pour rien. Le CRSNG offre même des vidéos-tutoriels (2) pour aider les postulants. Certaines universités offrent des rencontres d’information sur les grands organismes subventionnaires. C’est souvent répétitif, mais ça peut faire la différence entre votre demande et celle d’un autre étudiant.
  • Utiliser toutes les ressources disponibles :  votre université a un bureau des bourses avec des professionnels disponibles pour vous aider? Faites-les travailler! D’autres personnes peuvent vous accompagner dans votre périple. Vos amis qui ont déjà appliqué peuvent être de bons relecteurs. Votre directeur ou potentiel directeur également. Vous pouvez aussi faire relire votre demande par des non-initiés. Après tout, une demande de bourse, c’est vendre sa candidature. N’importe qui peut juger si vous vous vendez bien.
  • Prenez le crédit qui vous est dû : J’ai souvent vu des gens hésiter à inscrire des petits prix qu’ils ont obtenus sur leur demande, parce qu’ils considéraient ledit prix comme trop modeste ou qu’ils ne croyaient pas le mériter. Une demande de bourse, c’est une compétition et les autres compétiteurs ne seront pas modestes. Sans mentir, inscrivez toutes vos implications, prix, petites bourses.
  • Soyez positif dans votre écriture :  c’est mon conseil le plus personnel. Même si votre travail d’assistant de terrain a simplement consisté à ramasser des fèces de cerfs (3), vous pouvez en parler d’une manière excitante. « J’étais responsable de l’application d’un protocole servant à évaluer les densités de cerfs dans la forêt comparativement au milieu coupé. » Avouez que ça semble plus attirant que « j’ai ramassé des fèces ». L’utilisation du « je » et de verbes actifs est recommandé dans une demande de bourse.

Au final, je n’ai aucune idée du pourquoi j’ai obtenu ou non une bourse. Je performais toujours bien avec un organisme alors que je tombais systématiquement dans la liste d’attente d’un autre. Mais ne désespérez pas! Ces bourses ne sont pas inaccessibles, des personnes réelles les obtiennent. Et si vous n’obtenez rien, prenez cette expérience d’écriture comme un apprentissage.

(1) https://www.insidehighered.com/blogs/gradhacker/nserc-canadian-grad-student%E2%80%99s-holy-grail

(2) http://www.nserc-crsng.gc.ca/Students-Etudiants/Videos-Videos/Index_fra.asp

(3) Tout le monde en écologie ramasse de la crotte. Tout le monde.

Rien qu’une fois, sur le terrain : harcèlement sexuel et milieu académique

Publié originalement le 17 septembre 2014

Cette semaine, j’aborde un sujet qui a fait beaucoup de bruit dans le milieu académique anglophone, soit le harcèlement sexuel particulièrement lors des travaux de terrain, hors université. Suite à la publication d’un article dans Plos (1), les réactions ont fusé de toute part (2), avec raison. Brièvement, l’étude par Clancy et al. (2014) nous apprends que 64 % des répondants ont subi du harcèlement sexuel et plus de 20 % ont vécu une agression sexuelle. Les femmes, qui composaient la majeure partie de l’échantillon, subissent plus fréquemment du harcèlement sexuel et ce harcèlement provient majoritairement de leur supérieur. Malheureusement, peu de victimes connaissent les ressources disponibles pour dénoncer le harcèlement et lorsqu’elles dénoncent, elles sont souvent insatisfaites du résultat. Cette étude a des limites et je vous conseille de lire l’article pour vous en informer.

Ma première constatation est en fait une question. Pourquoi n’en a-t-on pas parlé en français et surtout au Québec? Il est possible que la question soit simplement passée sous le radar. Comme la communauté académique représente une petite proportion de la population mondiale, le nombre de personnes touchées par la situation sera faible au Québec. Pourtant, je considère qu’il est essentiel de s’attaquer à la question parce que le harcèlement sexuel se produit partout. Bref, aujourd’hui, je redresse la situation! Notons toutefois qu’avec une rapide recherche, j’ai pu trouver quelques ressources venant de la France (3).

Deuxième constatation : le phénomène est beaucoup trop fréquent. Est-il plus ou moins fréquent que dans d’autres milieux de vie? Je ne le sais pas et je ne crois pas que ce soit important, car un cas est déjà de trop. Sommes-nous moins touchés ici? On considère généralement que nous jouissons d’une belle égalité et d’un beau respect entre les sexes au Québec. Sous ce parapluie, on se cache de l’orage et on se fait croire que tout va bien. En l’absence de données, on ne peut s’avancer sur la prévalence, mais ça n’empêche pas d’agir pour améliorer la situation.

Donc, que faire? En me basant sur différents blogues (2, 4, 5) et sur l’article de Clancy et al, je vous amène les pistes d’action suivantes :

  • S’informer et informer les autres : avant le travail de terrain, j’ai reçu une formation en santé et sécurité au travail, une formation de premiers soins en région éloignée, une formation de conduite de VTT. Mais on ne m’a jamais offert (à mon souvenir) de formation sur quoi faire en cas de harcèlement ou d’agression. Je crois qu’il est du devoir de l’Université, du département et des directeurs de laboratoire de répandre cette information. C’est également notre responsabilité à tous de s’informer. Mon Université propose un site web intéressant (4) et je vous invite à trouver les initiatives de votre université.
  • Réagir : je n’ai pas dit vous battre! Mais exprimer votre désaccord face à une situation dont vous êtes témoin est important. Sinon, vous n’êtes qu’un complice. La victime n’est pas nécessairement en état de réagir. Projet crocodile explique comment réagir en tant que témoin de harcèlement ou d’agression (5). Bien que certains points s’appliquent moins bien sur le terrain (haha, utiliser un cellulaire!), c’est bien fait et une BD résume mieux le sujet que ce que je pourrais faire! (Précision ajoutée le 12-11-2014: la victime n'est pas complice. Jamais)

Ce n’est pas complet, mais je crois vous avoir donné suffisamment de références pour mieux vous équiper. Maintenant, si vous doutez des effets néfastes du simple harcèlement, je vous suggère de lire le témoignage d’une étudiante : (6).

10 décembre 2014/Ce texte a eu des répercussions inattendues: http://survivreasondoctorat.blog.com/2014/12/10/du-blogue-vers-la-vie-reelle/

(1) Clancy K.B.H., Nelson R.G., Rutherford J.N., Hinde K. (2014) Survey of Academic Field Experiences (SAFE): Trainees Report Harassment and Assault. PLoS ONE 9: e102172. doi:10.1371/journal.pone.0102172
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0102172

(2) Entre autres : https://harvardmagazine.com/2014/08/sexual-harassment-academic-fieldwork, https://www.insidehighered.com/blogs/gradhacker/sexual-harassment-and-fieldwork-being-ally

(3) http://etudiant.lefigaro.fr/vie-etudiante/news/detail/article/harcelement-sexuel-un-guide-pour-se-proteger-des-profs-abusifs-4278/
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1193742-harcelement-sexuel-l-enseignement-superieur-reste-trop-protege.html
http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/les-etudes-doctorales-seraient-propices-au-harcelement-sexuel-et-moral.html

(4) http://www2.ulaval.ca/services-de-a-a-z/harcelement/a-propos-du-cpimh.html

(5) http://projetcrocodiles.tumblr.com/

(6) http://blogs.scientificamerican.com/context-and-variation/2012/01/30/from-the-field-hazed-tells-her-story-of-harassment/

Gérer les articles lus: une méthode de survie

Publié originalement le 11 septembre 2014

Mon billet de la semaine passée, ainsi que le nombre élevé de nouveaux étudiants dans mon laboratoire, m’a ramenée dans le passé. Je vais donc continuer cette semaine à vous donner mes trucs de débutants.

Au début d’un nouveau projet de recherche, il faut effectuer une revue de littérature. Cette revue permettra de connaitre son sujet et de développer ses idées. Généralement, votre projet tentera de répondre à des questions d’actualité… ou à de nouvelles questions que vous aurez ciblées (1). Effectuer une bonne recherche en utilisant les bons outils est un sujet en soi. Aujourd’hui, j’aimerais discuter de comment gérer la grande quantité d’articles et de références générée par une revue de littérature.

Tout d’abord, parlons logiciels, car ils sont la base de l’organisation. Il en existe de nombreux qui vous permettent de gérer vos références. Un bon logiciel de gestion bibliographique devrait vous permettre d’importer des références, de les modifier, de faire des recherches dans votre base de données, de pouvoir créer des groupes ou des mots-clés (pour trier vos références), de lier vos références à des PDF et surtout permettre de citer correctement ces références dans un logiciel de traitement de texte. Voici un résumé de quelques logiciels (je ne les ai pas tous testés) :

  • EndNote : c’est le logiciel (payant, $) que j’utilise, principalement parce que c’est le premier que j’ai découvert. EndNote est couramment utilisé et possède une version de base gratuite (http://endnote.com/basic). Comme le logiciel est populaire, les principaux moteurs de recherche permettent un import des références rapide et efficace. EndNote me permet de trier mes références en groupes et également de choisir plusieurs styles de citations que je peux modifier. Je le trouve facile d’utilisation, mais les débutants ont parfois un peu de misère à s’y retrouver. Le lien entre Word et Endnote est simple, ce qui permet de citer aisément dans un texte. EndNote peut tenter de trouver pour vous les PDF liés à une référence, mais il n’y réussit pas toujours.
  • Mendeley: la vedette de l’accès libre, Mendeley est gratuit (http://www.mendeley.com/) mais a également une version payante. Vos articles sont sur le nuage, donc accessibles en tout temps, peu importe l’ordinateur que vous utilisez. Il possède des fonctions d’annotations des PDF, ce qui est bien pratique. Plus qu’un logiciel de gestion, Mendeley vous permet de partager des articles, de partager votre base de données et vise à encourager la collaboration. Est-ce que ça marche vraiment? Je ne le sais pas… Commentaires, quelqu'un?
  • Zotero: Zotero trouve les références dans votre navigateur internet, vous permet de les classer en collections. Il offre également la possibilité de créer des collections intelligentes dans lesquelles vos nouveaux articles liés se classeront automatiquement. Vous pouvez citer dans Word et OpenOffice et sélectionner plusieurs styles de citations. Comme Mendeley, votre bibliothèque sera accessible en ligne et des outils facilitent la collaboration.

Je vous suggère fortement de consulter cet excellent site (http://guides-formadoct.ueb.eu/content.php?pid=90022&sid=670171) pour sélectionner votre logiciel de gestion bibliographique. Au final, c’est une question de goût et le reste, c’est la poutine quotidienne (2) :

  • Soyez constant. À chaque article lu devrait correspondre une référence dans votre base de données.
  • Vérifier immédiatement si la référence est correctement importée pour corriger les coquilles. Ça vous évitera du travail supplémentaire au moment de compléter un article.
  • Si possible, triez vos articles en groupes ou ajoutez-leur des mots-clés qui ont une signification pour vous.
  • Si vous prenez des notes dans un document texte, un cahier ou dans un logiciel comme Evernote (3) assurez-vous de pouvoir faire le lien avec la référence sélectionnée.

J’aimerais bien savoir quel logiciel vous utilisez et pourquoi…commentaires?

(1) Ou à celles que votre directeur aura ciblées.

(2) Les tâches de tous les jours quoi…

(3) https://evernote.com/intl/fr/, un logiciel qu’on m’a fortement recommandé, mais que je n’ai pas encore testé.